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Meta mise tout sur l’IA : Muse, Muse Wonder et jusqu’à 145 milliards d’investissements

Meta a publié le 21 octobre 2026 ses résultats du troisième trimestre, et l’intelligence artificielle y occupe presque toute la place. Dans son communiqué, Mark Zuckerberg résume la période en une phrase : le groupe a franchi « des étapes majeures ce trimestre vers une superintelligence personnelle pour tous ». Derrière la formule, il y a un nouvel agent grand public, un premier modèle dit « frontier » et une enveloppe d’investissement qui reste gigantesque.

Des revenus en hausse, un bénéfice amputé par la justice #

D’après le communiqué de résultats de Meta, le chiffre d’affaires atteint 64,60 milliards de dollars, en hausse de 26 % sur un an. Le résultat opérationnel recule en revanche de 37 %, à 12,99 milliards de dollars, contre 20,54 milliards un an plus tôt.

Cette baisse ne vient pas de l’activité. Meta a passé une charge de 9,89 milliards de dollars liée à un accord avec 52 procureurs généraux d’États américains, dans les procédures sur la santé mentale des adolescents et les réseaux sociaux. L’accord prévoit des paiements pouvant aller jusqu’à environ 18,59 milliards de dollars. Sans cette charge, le résultat opérationnel aurait été de 22,88 milliards de dollars.

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Les applications du groupe touchent 3,64 milliards de personnes par jour en moyenne en septembre, soit 3 % de plus qu’un an plus tôt. Les effectifs, eux, tombent à 66 775 salariés au 30 septembre, en baisse de 15 % sur un an.

Muse et Muse Wonder, les deux paris du trimestre #

Dans son communiqué, Zuckerberg cite deux lancements : l’agent Muse et Muse Wonder, présenté comme « notre premier modèle frontier ». C’est la première fois que Meta revendique un modèle capable de rivaliser avec le haut du panier d’OpenAI, d’Anthropic ou de Google.

Un modèle pensé pour la mémoire et le code

Muse Wonder a été dévoilé le 12 octobre par le laboratoire Superintelligence de Meta, en deux versions. Selon TechCrunch, la version standard est accessible via l’API de Meta à 4 dollars par million de jetons en entrée et 20 dollars par million en sortie. La version Wonder Full est réservée aux abonnés de Muse Code et n’est pas servie par l’API. Les deux font tourner l’agent Muse.

Meta affirme, sur la base de ses propres tests, que ces modèles égalent Claude Fable 5.1 d’Anthropic et GPT-6 Astra d’OpenAI. Il met en avant leur « mémoire active », c’est-à-dire leur capacité à retenir et recouper sur la durée ce que l’utilisateur leur a confié. Les modèles ont été entraînés dans le centre de données Prometheus, dans l’Ohio, mis en service plus tôt dans l’année.

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Ces comparaisons restent celles de Meta. Les classements indépendants, comme l’indice d’Artificial Analysis, placent Muse Wonder un peu en retrait des meilleurs modèles concurrents. L’écart est faible, mais il rappelle qu’un modèle « frontier » se juge sur la durée et sur des tests tiers, pas sur une fiche de lancement.

Un agent grand public lancé en septembre

L’agent Muse, lui, est disponible depuis le début du mois de septembre. C’est le produit qui doit transformer ces modèles en usage quotidien pour les milliards d’utilisateurs de Facebook, Instagram et WhatsApp. Meta ne donne pas de chiffre d’utilisateurs de Muse dans son communiqué de résultats.

Une facture d’investissement qui ne baisse pas #

Le chiffre le plus suivi par les marchés concerne les dépenses d’investissement. Meta prévoit pour 2026 entre 135 et 145 milliards de dollars, contre une fourchette de 130 à 145 milliards annoncée auparavant. Le bas de la fourchette remonte donc. Pour 2027, aucun montant n’est donné : le groupe indique qu’il est « encore en train d’élaborer » son budget et ses plans de capacité, et qu’il compte continuer à investir de façon soutenue.

Une grande partie de cet argent part dans les centres de données et les puces nécessaires à l’entraînement et à l’exploitation des modèles. Meta justifie l’effort par ses résultats publicitaires : selon le communiqué, les investissements dans l’IA produisent déjà un surcroît important de revenus publicitaires, et le groupe s’attend à une croissance solide jusqu’en 2027.

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La réalité virtuelle passe au second plan

Autre signal : Meta indique que les pertes de Reality Labs, la division casques et métavers, devraient se réduire à environ 15 milliards de dollars l’an prochain, à mesure que des ressources sont redirigées vers l’IA. Il y a quelques années, le métavers était la grande promesse du groupe. Aujourd’hui, c’est la « superintelligence personnelle ».

Ce qu’il faut retenir #

Meta ne se présente plus comme un simple utilisateur d’IA pour mieux cibler ses publicités. Le groupe veut jouer dans la même catégorie que les laboratoires les plus avancés, avec ses propres modèles et son propre agent. Le pari repose sur un équilibre fragile : des revenus publicitaires qui financent des investissements records, et des modèles qui doivent encore prouver, face aux tests indépendants, qu’ils tiennent la comparaison. Les prochains trimestres diront si l’usage de Muse suit l’ampleur des moyens engagés.

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