Pigment, la start-up parisienne de planification financière, a annoncé le 21 octobre une levée de 250 millions de dollars en série E, sur la base d’une valorisation de 2,3 milliards de dollars. Le tour est mené par un fonds européen tout récent, et Nvidia prévoit d’entrer au capital. L’essentiel de l’argent ira à la recherche et au recrutement d’ingénieurs pour développer des agents d’IA capables de conduire des tâches de planification de bout en bout.
Plan de l'article
Un tour mené par le Scaleup Europe Fund #
Le tour est mené par le Scaleup Europe Fund, géré par le suédois EQT, rapporte The Next Web. Ce fonds, soutenu par la Commission européenne et par des investisseurs privés comme Allianz et Novo Holdings, vise 5 milliards d’euros et a commencé à investir cette année.
World Innovation Lab rejoint le tour, aux côtés des investisseurs historiques Greenoaks, ICONIQ, IVP et Meritech. Nvidia, de son côté, prévoit d’investir, mais sa participation n’est pas finalisée et aucun montant n’a été communiqué. Daf-Mag présente le géant américain des puces comme un « nouvel entrant très discret » dans le capital.
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Pour mesurer le chemin parcouru, le précédent tour de Pigment remonte à avril 2024 : 145 millions de dollars en série D, mené par ICONIQ Growth.
Ce que fait Pigment #
Fondée par Eléonore Crespo et Romain Niccoli, Pigment édite une plateforme de planification d’entreprise. Concrètement, elle sert aux directions financières, RH ou commerciales à construire leurs budgets, prévisions et scénarios, en remplacement des grands tableurs partagés et des logiciels de planification historiques.
La liste des clients cités donne une idée du positionnement : Danone, Siemens, Snowflake, Unilever, mais aussi DirecTV, Anthropic et ElevenLabs. L’Oréal a choisi Pigment pour remplacer son outil de planification de la masse salariale, qui couvre plus de 95 000 collaborateurs dans le monde. Daf-Mag mentionne également Vinci Airports et Europcar.
Côté chiffres, l’entreprise indique avoir dépassé cette année les 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents, après avoir encore doublé.
L’IA au cœur du projet #
Un moteur de calcul maison
Selon The Next Web, l’argent servira surtout à recruter des ingénieurs pour travailler sur Graphite, le moteur de calcul de la plateforme, en instance de brevet d’après le communiqué relayé par Daf-Mag. C’est lui qui doit permettre de traiter de gros volumes de données et des modèles de planification de plus en plus complexes sans ralentir.
Des agents qui planifient en autonomie
Le second chantier concerne les agents d’IA. L’objectif est qu’ils prennent en charge des tâches de planification complètes, et pas seulement qu’ils répondent à des questions sur un tableau. The Next Web indique que, sur la plateforme, 85 % des nouveaux indicateurs sont déjà créés par des agents. Daf-Mag parle de pilotage financier « autonome », un terme qui résume l’ambition : moins de saisie manuelle, plus de scénarios générés et mis à jour automatiquement.
« La planification d’entreprise va davantage évoluer au cours des prochaines années », estiment les deux cofondateurs, cités par Daf-Mag.
Pourquoi cette levée compte pour l’écosystème #
Cette opération coche plusieurs cases que l’on suit de près sur digga. C’est d’abord une licorne française qui grandit dans le logiciel d’entreprise, un secteur longtemps dominé par les éditeurs américains. C’est ensuite un des premiers tours d’envergure menés par le Scaleup Europe Fund, ce qui en fait un test grandeur nature pour cette tentative de financer les champions européens avec des capitaux européens.
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Enfin, l’intérêt affiché de Nvidia confirme que le fabricant de puces ne se contente plus d’investir dans les modèles d’IA eux-mêmes : il place aussi des pions dans les applications métier qui vont consommer cette puissance de calcul. Reste à connaître le montant final de sa participation.
Pour les directions financières, le message est plus concret : les outils de planification vont intégrer des agents capables de préparer seuls une partie des budgets et prévisions. La question n’est plus de savoir si l’IA entrera dans le pilotage financier, mais quel degré d’autonomie les entreprises seront prêtes à lui confier.




